

Nous quittons Addis-Abeba pour deux petites journées direction AWASSA,
capitale de la REGION DU PEUPLE DU SUD ,
située à environ 270 kms au
Sud d'Addis dans la
GRANDE VALLEE DU RIFT à 1700m d'altitude avec environ
40% d'humidité.


Nous avons loué un mini-bus avec son chauffeur, c'est courant en Ethiopie, homme avec une certaine prestance et comme toujours, un beau sourire naturel.
Il était accompagné de son jeune frère d'une vingtaine d'années dont la gentillesse se lit dans ses yeux.


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A la sortie d'Addis-Abeba, nous sommes passés près de la seule voie ferroviaire existante reliant ADDIS-ABEBA à DJIBOUTI, voie assez vétuste, matériel très ancien. Pour que cette Compagnie ferroviaire survive, il faudrait beaucoup d'argent pour acheter des pièces de rechange : rails, balastres, traverses, sans oublier des locomotives, des wagons, mais malheureusement les investisseurs étrangers ne se bousculent pas. Les Ethiopiens sont très attachés à leur train et pour eux c'est grâce à lui qu'un pays peut se développer.
Un petit rappel : ce sont des Ingénieurs Français qui ont construit cette ligne de Chemin de Fer.
Nous avons roulé sur une belle route goudronnée, souvent droite et à perte de vue. Dans la campagne, un beau paysage s'offrait à nous. Je suis restée en admiration devant les "TOUKOULS", maisons traditionnelles éthiopiennes isolées ou regroupées en village, c'est original et tellement vrai. Tout près, en bord de route, nous pouvions voir de temps en temps des rangées de cactus géants servant de haies. Dans des zones boisées, de magnifiques arbres se dressaient majestueusement dans toute leur splendeur.






Des laboureurs labouraient leur terre avec des charrues en bois comme chez nous il y a déjà pas mal d'années.
Des vaches, gardées par des enfants, broutaient tranquillement le long de la route.
Plus loin, des troupeaux traversaient la route sans se presser et nous, nous attendions patiemment avant de pouvoir continuer notre route.
Nous croisions des villageois à pied ou en vélo, des charettes tirées par des ânes, des petits magasins de proximité ...
Si nous devions revoir notre histoire de France, on s'apercevrait que dans les années "xxxx" !!!! il y avait pas mal de similitudes !










Nous sommes arrivés à Awassa, ville accueillante, sympathique, dotée d'avenues bordées d'arbres, dont la principale activité locale est la pêche. Nous nous sommes d'abord dirigés vers un hôtel pour déposer nos bagages. Après nous être désaltérés, nous sommes allés faire une balade en mini-taxi, sorte de moto à trois roues de couleur bleue, une toile blanche servant de toiture, sans porte de côté, il fallait s'accrocher pour ne pas tomber dans les virages !! c'était même très drôle.
Nous sommes allés dans un parc ou des singes en liberté étaient très intéressés par la nourriture que nous leur donnions. De belles huttes se trouvaient là et en avançant plus loin nous avons pu admirer le lac portant le même nom que la ville, le LAC AWASSA , sur lequel nous avons eu le plaisir de faire un peu de bateau. Non pas moi !! je ne me sentais pas rassurée, je nage comme une pierre au fond de l'eau, mais je me suis rendue utile en prenant des photos.
Plus tard, après le dîner, mon petit fils de 6 ans m'a dit "Viens mamy, on va chez nous !" , trop content de partager une chambre d'hôtel avec moi. Mais quelle ne fut pas ma surprise de voir des petites bèbettes "circuler" sur les murs, sur le sol (normal étant le donné le taux d'humidité à Awassa). Avec mon petit, nous en avons tuées quelques unes , mais m'apercevant que nous ne pouvions pas en faire façon, nous avons décidé de les laisser tranquille, après tout, les petites bêtes ne mangent pas les grosses, mais bon ! Heureusement nous avions une moustiquaire que j'ai pris soin de placer correctement, je ne tenais pas à me réveiller avec l'une d'elles allongée à côté de moi !! Le lendemain, nous avons changé de chambre d'hôtel, plus de bestioles, quel soulagement !!
Le jour suivant, nous sommes allés sur une autre partie du Lac où l'on pouvait voir plusieurs espèces animales tels que des aigles, des buses énormes, des marabouts... De beaux nénuphars embelissent les rives d'où l'on peut entendre les chants de petits oiseaux difficile à débusquer. Des chêvres en liberté bêlaient en nous regardant comme pour nous demander quelque chose.
A la fin de la journée, nous sommes rentrés à pied, sur une grande Avenue, accompagnés de notre chauffeur et de son frère. Nous marchions doucement tout en discutant. Le plaisir était tel que je ne me suis pas aperçue que la nuit était tombée. Balade très agréable côte à côte avec les gens du pays.

Arrivés à " AWASSA", nous nous sommes désaltérés sur une terrasse de l'hôtel où nous
avions décidé
de passer nos deux nuits, lorsqu'une petite fille de 7 ou 8 ans est apparue
et s'est assise à côté de nous au grand bonheur de nos deux petits.
Elle portait une robe
un peu sale, ses cheveux étaient tressés, presque collés sur sa
petite
tête. Nous lui avons offert à boire. Avant de prendre son verre, elle a déposé sur la table quelque chose qui m'a surprise. Elle possédait trois petites pièces de monnaie et surtout un crayon de papier auquel elle semblait tenir. J'ai été très étonnée d'autant plus qu'elle n'avait pas de cahier pour écrire.
Elle nous a fait comprendre qu'elle n'avait pas de famille, que c'était difficile pour elle de trouver où dormir le soir... Nous l'écoutions avec attention. Nous l'avons emmenée déjeûner au restaurant qui se trouve dans le parc de l'hôtel. Au bout d'un certain temps cette petite n'avait plus le même regard, elle s'amusait avec mes petits-enfants et ses yeux éclataient de bonheur comme si elle avait oublié sa condition de vie. Je la sentais heureuse. L'après-midi nous avons décidé d'aller marcher dans la ville avec elle. Elle tenait par la main nos petits, c'était beau de voir ces trois gosses heureux et tellement innocents. Elle nous avait confié ses trois petites pièces et son crayon à papier.
Malheureusement nous ne sommes pas allés très loin. Cette petite éthiopienne a été prise à partie d'abord par un ado et ensuite par d'autres jeunes.. J'ai vu sur son visage la terreur, la souffrance, deux personnes lui tiraient les bras et la petite essayait de se dégager. Je suis restée pétrifiée, nous ne pouvions rien faire, nous avons dû continuer notre marche en la laissant derrière nous. Je ne comprenais pas et je suis restée des heures à penser à cette enfant en me demandant ce qu'ils lui avaient fait et si j'allais la revoir. Ne pouvoir rien faire, c'est terrible. J'ai réalisé, ce jour là, la détresse de milliers d'enfants des rues dans ce monde, probablement manipulés par leurs aînés et n'ayons pas peur des mots, peut-être violés.
Le lendemain, à ma grande joie, cette petite fille est réapparue et est venue directement vers nous. J'étais soulagée de voir qu'elle allait bien. A nouveau elle s'est amusée avec nos petits, eux-mêmes tout heureux de la revoir.
